Nagasaki et Gunkanjima – Première étape – Le poids de l’Histoire

C’est dimanche que le voyage, le vrai, a enfin commencé, après 8h de train à jeˆun, en posant le pied sur le quai de la gare de Nagasaki. Nagasaki, c’est un peu le bout du monde. La baie est coincée entre les montagnes et la mer. C’est le terminus du train Kamome. Il n’y a plus rien après. J’ai roulé plein sud-ouest pour y arriver. J’ai croisé le typhon Lan en route, et surtout, j’ai retrouvé des rayons de soleil et un air doux à 22°C. La ville est calme, tout comme mon auberge de jeunesse qui est aussi idéalement placée (et que je ne saurais que vous recommander). Bref, c’est un début de voyage qui me convient tout à fait. 

Sachez que depuis cette photo, j’ai désactivé le mode miroir de mon appareil.

Quand on mentionne Nagasaki, on pense tout de suite au double bombardement d’aoˆut 1945. Pourtant, contrairement à Hiroshima, c’est un tout autre pan d’histoire dont la ville de Kyushu se réclame, et c’est donc par celui-ci que je vais commencer. 
A l’origine un petit village de pˆecheurs sans grande importance, c’est l’arrivée d’explorateurs européens dans la seconde moitiée du XVIème siècle qui signera le début du développement de la ville. Sous l’influence des marchands portugais, puis hollandais, la ville devient la porte d’entrée de nombreux produits européens qui sont rapidement assimilés par la population – nourriture (comme les tempuras qui seraient apparemment d’origine portugaise !) mais aussi religion. C’est pour cela que Nagasaki est la ville la plus chrétienne du Japon – avec ses nombreuses églises et son lot de pélerins. Nagasaki a donc subi toutes sortes d’influences étrangères – y compris pendant les deux siècles d’isolation du pays où elle reste la seule porte vers l’extérieur. En résulte d’ailleurs que les spécialités culinaires de Nagasaki sont d’origine chinoise et portugaise! J’en ai goˆuté deux : le « champon » et les « sara udon« , qu’on déguste dans les restaurants chinois de la ville. 

Le premier est un bol de nouilles bien consistant et conçu pour s’adapter à toutes les saisons. Les « sara udon » sont leur équivalent « sec », puisque l’appellation signifie littéralement « nouilles assiette » par opposition aux nouilles qui se mangent dans un bol. Sous l’épaisse sauce et les nouilles se cachent des sobas fines et croustillantes. Les deux plats n’ont semble-t-il, de différent que la consistance. Les ingrédients sont similaires : kamaboko et chikuwa (qui sont des préparations à base de poisson), crevettes et petits poulpes croquants, pousses de soja, chou blanc… 

Je sais ce que vous pensez. Mais en fait, c’est très bon ! Regardez les petites nouilles croustillantes qui se cachent sous la sauce!

Outre Chinatown, particulièrement bien fournie en restaurants, vous aurez donc peut-ˆetre envie de faire un tour dans les résidences historiques de Dejima ou Glover Garden, et d’admirer au passage les plus vieilles églises et cathédrales du Japon. Pour nous, Européens habitués des lieux de cultes à l’architecture romane ou gothique, ce n’est cependant pas très impressionnant. N’étant pas non plus croyante, j’ai passé mon chemin. Si la période de la persécution des Chrétiens au Japon vous intéresse, le dernier Scorsese en parle (« Silence« , sorti fin 2016): un peu trop dévˆt à mon goˆut, mais on a le plaisir de voir Adam Driver à l’écran. 

Les trams de Nagasaki sont chouettes. Mais il ne faut pas être pressés! Ce n’est pas cher mais leur passage est irrégulier et ils ne vont pas bien vite. Cela en fait les meilleurs amis de l’aventurière-voyageuse fourbue que je suis.

Puis, détour obligé par le Peace Memorial Park et le Musée de la bombe atomique. Le parc est envahi de touristes et de classes qui prennent des photos avec les différents monuments offerts à la ville en commémoration de la catastrophe, donc la Statue de la Paix, qui pointe la menace venue du ciel, est l’attraction principale. Partagée entre le peu de respect et de sobriété des visiteurs, et la nécessité que l’histoire soit transmise, j’ai fait mon chemin vers le musée. Comment ne pas comparer l’expérience avec ma courte visite d’Hiroshima, il y a 4 ans, presque jour pour jour? Le musée, bien fait, mˆeme si plus petit, ne mise pas sur une mise en avant hollywoodienne mais expose les faits avec sobriété, sans s’acharner sur les ˆames sensibles. Il comporte une partie sur le drame du 9 aoˆut 1945 – ne manquez pas les témoignages des survivants ! – et une autre dédiée aux armes atomiques dans le monde. Si j’étais sortie d’Hiroshima dévastée, plus j’avançais dans ma visite du musée de Nagasaki, plus j’étais révoltée et énervée contre l’ordre en place. Je ne vous embarasserais pas ici de considérations politiques – alors dirigeons-nous ensemble vers le mont Inasa et sa « vue nocturne à 10 mllions de dollars« . 

On peut s’y rendre de diverses manières – en bus, à pieds après une randonnée d’une heure, ou à pied et téléphérique – combo que j’ai choisi, poussée par les -50% offerts par mon auberge et la lassitude de mes guiboles (il faut quand mˆme marcher un petit kilomètre). Au sommet, le spectacle est féérique. Le Mont Inasa, situé à l’ouest de Nagasaki, surplombe la ville depuis ses 333 mètres de haut. L’observatoire permet un panorama à 360°. Le vent froid me rougit les joues pendant que je regarde les étoiles de la ville dégouliner dans la baie, leurs airs de voie lactée et la guirlande du pont suspendu qui en garde l’entrée.

Vue de nuit depuis l’observatoire du Mont Inasa

Pour ma dernière matinée à Nagasaki, c’est une ˆile que je vais visiter: Hishima, aussi connue sous le nom de « Gunkanjima » (ˆile navire de guerre) en raison de sa forme. Un important gisement de charbon y est exploité de la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 1970 par Mitsubishi. Jusqu’à 5000 personnes y vivaient, avec toutes les commodités (commerces, écoles, électricité etc). Depuis, l’ˆile est totalement abandonnée et on a pu l’apercevoir, notamment dans le film James Bond « Skyfall ». 

*[Trigger warning] Mon audioguide a été capricieux et il est possible que j’ai manqué certaines choses [Trigger warning]* 

Pendant la visite, on nous a présenté l’endroit comme un symbole glorieux de l’urbanisation rapide du Japon. On nous a parlé du travail difficile, mais rémunérateur, de ses habitants, qui vivaient dans une communauté où tout était mis en place pour leur assurer une vie confortable malgré les conditions difficiles (surpopulation de l’ile, climat etc). Le lieu a été déclaré patrimoine mondial de l’humanité UNESCO en 2015, bien que la Corée du Sud s’y soit opposée en avançant que l’endroit était un lieu terrible pour ses citoyens qui y subissaient le travail forcé. Finalement, la Corée a cédé quand le Japon a promis de prodiger des explications claires sur cette partie de l’histoire de l’ˆile. Mais c’est en me renseignant sur internet – je trouvais que la description idyllique de ce lieu était un peu louche – que je suis tombée sur cette information. 

La mascotte de Gunkanjima. C’est censé représenter l’île sur son gisement houiller. Moi, je trouve qu’on dirait un petit caca.

Prochaine étape: Beppu!

*
Mais avant, quelques petites notes de voyage pratiques:
– Se loger: Casa Noda. L’endroit est calme, propre, parfaitement située à 5min à pied de la gare, et 30 secondes de l’arret Gotomachi du tram. 

– Se déplacer: Le tram – rétro – est parfait. Vous pouvez vous procurer des passes 1 jour à 500 yens à la gare de Nagasaki.

– Réduction 50% : il est fort probable que votre hˆotel/auberge vous procure un bon de réduction pour de nombreses attractions (c’était le cas de Casa Noda). C’est un petit bonus non-négligeable, notamment pour le panorama du Mont Inasa (on peut s’y rendre en bus aussi, car des fois le téléphérique ne fonctionne pas). 

– Visite de Hashima: Le compagnie « Gunkanjima concierge » est apparemment la plus adaptée si vous ne parlez pas japonais. Les audioguides sont fournis gratuitement. Pendant le tour, repérez l’employé.e porteur.se de l’émetteur et ne vous en éloignez pas!

– Dejima – ilˆot artificiel attribué aux hollandais. On peu s’y ballader de nuit gratuitement (mais on ne peut pas visiter l’ntérieur des maisons en dehors des heures diurnes d’ouverture)

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« Fake Food » – Origines et fabrication d’une entourloupe nationale: les répliques alimentaires

Le locaux s’étonnent de nous voir fascinés devant ces objets de leur quotidien. Elles s’alignent à l’entrée de nombreux restaurants. Le touriste les trouve extrêmement pratiques en même temps qu’elles le surprennent: ce sont les répliques alimentaires. Le parfait reflet plastique du contenu de votre assiette.

C’est Wim Wanders qui me les a fait découvrir dans son documentaire Tokyo ga avant que je mette les pieds au Japon, quasiment 20 ans jour pour jour après qu’il l’ait tourné (je vous encourage vivement à le regarder, mais en attendant, vous pouvez visionner cet extrait sur le sujet qui nous intéresse ici). Depuis, les techniques ont un peu changé, mais le processus est toujours le même et les répliques s’étendent sur de nouveaux marchés. Comme ce pain-là ne se périme pas, l’industrie cherche à gagner d’autres pays comme la Corée ou la Chine, mais s’invite aussi dans les magasins de souvenirs ou les boutiques branchées qui en proposent des usages innovants et particuliers (comme le porte-smartphone) qui ne vous surprendront peut-être plus. 

Alors, comment se fait-il que ce genre d’objets soit devenu si populaire et commun au Japon alors qu’il n’existe pas dans nos contrées occidentales? Si l’on ignore quand elles sont apparus ni qui en est à l’origine, on sait que les répliques alimentaires se sont répandus à partir des années 1920, quand il devint commun de manger à l’extérieur. C’est à cette époque également que les populations rurales commencèrent à affluer en ville. N’ayant pas l’habitude des restaurants, des répliques furent mises en place pour qu’ils puissent comprendre ce qui était proposé avant de commander. Aujourd’hui, les répliques ont plus qu’un rˆole informatif: elles permettent aux consommateurs de connaˆitre non seulement la composition des plats, mais aussi la quantité servie; et aux restaurateurs de se distinguer par leur créativité et de s’adonner à l’art de la saisonnalité japonais en mettant en avant des mets particuliers à certaines périodes de l’année. 

Le premier jour de mon retour au Japon – ou devrais-je dire quelques heures après mon aterrissage à Haneda – mon ami Léo m’emmenait à un atelier de « Replica Foods » à Ganso Shokuhin Sample-ya, une boutique située à Asakusa. Les « samples » – ou sampuru dans le patois local -, c’est le nom qu’on donne aux répliques alimentaires.

L’activité consiste en la réalisation d’une jolie petite salade croquante et de deux tempura au choix: évidemment, j’ai jeté mon dévolu sur une innocente crevette et une délicieuse tranche de patate douce (en cire). On fait la queue en face de chacun des trois bacs d’eau tiède (la cire doit rester à température élevée pour rester maléable) en attendant son tour. Quand il vient, on suit les instructions de l’animatrice qui nous dicte ce qu’il faut faire, nous encourage et félicite notre dextérité. On commence par les tempura dont il faut réaliser la croustillante pâte à beignets. Pour ce faire, on verse de la cire de très haut, de sorte à ce qu’elle forme de jolis flocons, dans lesquels on presse notre crevette ou notre tranche de patate. On replie soigneusement et tadam! Pour la salade, le processus est un peu plus compliqué, mais le voici détaillé en image ci-dessous devant vos yeux ébahis:


Les employés ne parlent que très peu anglais et l’atelier est entièrement en japonais, mais en observant ses camarades de « classe », on peut tout à fait s’en sortir. Les prix des souvenirs qu’on trouve à la sortie sont quelque peu prohibitifs, mais il en sera de mˆeme pour toutes les petites répliques de cire que vous trouverez. Je n’ai pas encore craqué, mais pour sˆur, ce sera un souvenir idéal à ramener à vos proches!

Mon oeuvre (qui depuis s’effrite au moindre mouvement)

Retour au Japon

Le temps a passé depuis mon retour du Japon. J’ai fait un petit bout de chemin… qui m’y ramène aujourd’hui. L’affaire se résume plutot rapidement . Mais on peut aussi prendre quelques lignes de plus ici. 

Le mois de mon retour du Japon, je l’ai passé dans ma région natale du Sud de la France à me ressourcer en famille, au soleil brˆulant d’aoˆut, et à lutter contre le choc culturel inverse qui m’avait frappé de plein fouet dès mon atterrissage à Charles de Gaulle – ceux qui en sont revenus savent. Mais ce fut un mois que je devais aussi passer à préparer ma prochaine expatriation: un contrat d’un an m’attendait à Vilnius. Pour ceux qui s’en rappellent, j’avais eu la chance de passer un mois en Lituanie en février 2014 – pour les autres, il y a ces quelques articles que j’avais écrit à cette occasion ou alors ce blog d’une actuelle étudiante à l’université de droit de Vilnius (qui s’avère aussi ˆetre ma soeur). J’ai passé 7 mois dans la capitale lituanienne. Ils ne furent pas de tout repos – ce qui explique aussi mon retour en France en mars 2015 – mais l’art d’y vivre m’a laissé un souvenir impérissable que je chéris et transmets depuis. Depuis, j’ai trouvé une certaine stabilité géographique à Lyon – toute relative car les voyages continuent d’abonder (on ne se refait pas) – où je travaille pour une entreprise aux racines nippones. Et c’est comme ça que je me retrouve en ce moment mˆeme dans un Airbus à destination de Tokyo.  Oui, tout à fait, ceci est un voyage travail, mais pas que!

C’est là la première grande différence avec mon premier séjour au Pays du Soleil Levant. En 2013, je m’envolais, des rˆves plein la tˆete, vers l’objectif vers lequel j’avais concentré tout l’efforts de mes études. Aujourd’hui, j’ai atteint une certaine étape professionnelle qui m’y ramène. Je vous laisse imaginer qu‘il ne s’agit pas là d’un hasard. Je ne pensais pas revenir si tˆot – mais j’étais sˆure de revenir. Cela se fait dans un autre contexte, un peu plus adulte, un peu moins na¨if, et gorgé de la nostalgie de mon année étudiante

J’ai gagné en indépendance, notamment économique (n’ayez crainte, c’est ce qui se passe naturellement quand on s’envole du nid familial). J’ai beau vivre seule, relativement loin de ma famile (mais j’ai fait bien pire, tmtc), je ressens le besoin de me mettre au défi. Cela fait plusieurs mois que je veux passer de courts séjours toute seule à explorer les capitales européennes. Manque de chance, c’est au Japon que cela se fera! J’ai additionné 10 jours de voyage à mes 2 semaines de visite professionnelle à Tokyo. 

L’interculturalité est devenue mon quotidien. L’anglais est devenu ma langue de travail et celle avec laquelle je communique avec beaucoup de mes proches. Je cˆotoie des étrangers – d’Europe et d’ailleurs – tous les jours. J’ai appris une autre langue – le lituanien. Le japonais ne m’est plus aussi familier, mˆeme s’il résonne encore dans les couloirs de mon lieu de travail.  

Je suis aussi en recherche – d’un but, de moi-mˆeme, de quelque chose qui ait du sens et qui me drive (comme diraient les globish dont j’ai rejoint la grande famille). J’espère aussi retrouver le goˆut et le sens de l’écriture, et c’est aussi pour ça que je reprends ce blog ponctuellement. 

*

Trève de balivernes. Vous voulez du concret? Du dur, du vrai. 

Voici le programme:

Deux semaines de salarywoman, des émotions des retrouvailles et – j’espère – des rencontres, moult trajets en shinkansen (si rares lorsque j’étais étudiante à Nagoya, JR Pass oblige), de quoi surprendre mes mirettes, stimuler mes papilles (objectif n°1!) ainsi que ma bosse de l’écrivain, et m’en donner plein les jambes!
PS: vous excuserez les petites fautes de frappe. On dirait que mon clavier n’apprécie pas les accents circonflexes ˆˆ’

Sorties nocturnes nippones #1 – Karaoké & Purikura

Me revoilà ! Ce semestre est un peu chargé. Mais, parfois,  je m’échappe, le temps d’une soirée, de la prison dorée au sommet de notre montagne de l’Est préféré.

L’un de mes loisirs préférés ici est définitivement le karaoké. En France, la chose peut paraître un peu beauf et ringarde, mais il faut savoir qu’au Japon, le karaoké n’a rien à voir avec ce qu’on peut trouver dans l’Hexagone.

En général, on reconnaît les karaokés (カラオケ) aux couleurs criardes de leurs logos et leurs noms clinquants : Côte d’Azur, JOYJOY, Big Echo… On les trouve le plus souvent dans les étages d’immeubles du centre-ville. On se rend directement au comptoir et on choisit sa formule en terme de temps, boissons… On vous fournit un nombre de verres correspondant au nombre de participants. Vous serez alors amené à traverser l’un de ces couloirs lumineux – d’un blanc antiseptique ou striés de néons fantasy – jusqu’à la salle attribuée.

 

Voici l’endroit où vous allez passer les prochaines heures. Une salle privée plus ou moins grande, où les canapés s’alignent contre les murs face à un grand écran.

Et voici l’arme fatale: la tablette de commande !

日本語でね \(*o*)/

日本語でね \(*o*)/

Les tablettes disposent en général d’un mode Coréen et Anglais, pour les moins nippophones d’entre vous. Mais vous risquez de passer à côté de trésors japonais, comme les déjà très fameux clips de Kyary Pamyu Pamyu. Mon défi du moment:

Le karaoké, c’est très bien pour s’entraîner à lire en Japonais à la vitesse de l’éclair. Et on peut même s’entraîner à la maison ! The Flavor Of Life (BO de Hana Yori Dango (*o*) ), Chisana Koi no Uta de MOONGOL800, Robinson de Spitz ou la version japonaise de Let It Go. Il y a plein de versions karaoké de chansons Disney, pour mon plus grand plaisir ! \(^.^)/

A Nagoya, je vous conseille la chaîne JOYJOY. Contrairement à d’autres, on paye la séance avant de commencer à chanter (et à boire) ce qui peut éviter quelques fâcheux désagréments en fin de soirée. Voici une liste de quelques karaokés nagoyens. J’aime bien le JOYJOY de Fushimi : proche de mon campus et surtout, situé au-dessus d’un SEGA Game center.

Parce que Game Center rime souvent avec Purikura ! Il s’agit d’un genre de photo. Le principe tourne autour d’une cabine digne d’un photomaton, mais en un peu plus grand, coloré et interactif.

A l’intérieur, on prend la pose, typiquement japonaise, si possible, les doigts en V. Kawaii attitude de mise. Après passage dans la cabine de personnalisation, ça donne des choses comme ça.

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Mais parfois…

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Des bruits circulent sur la raison pour laquelle les hommes ne sont pas acceptés dans certaines cabines. Mais je ne suis pas convaincue. Une théorie ?

Neko et Usagi Cafés

Quand je suis arrivée au Japon, le neko café (猫カフェ) ou « bar à chats » était sur ma To-Do List. Concept très japonais (né à Taïwan, en fait), il s’agit d’un café où les clients peuvent interagir avec lesdits animaux. Pas très étonnant vu la foule de concepts originaux de cafés et de bars qu’on trouve au Japon: du plus ou moins traditionnel bar irlandais aux Maid Café et Butler Café en passant par d’autres idées fascinantes, telles celle-ci ou encore celle-ci. Mais le succès du neko café s’explique principalement par l’impossibilité pour la majorité des Japonais – urbains – de posséder un animal de compagnie dans leur étroit appartement. Nos compagnons velus constituent également un antistress et une interaction sociale bienvenus dans une société compartimentée où le « métro-boulot-dodo » semble roi.

J’ai eu l’occasion de me rendre d’abord dans un neko café. Comme dans tout établissement, on se lave précautionneusement les mains et on enfile des chaussons avant de pénétrer dans l’antre des félins. Dans la pièce, lumineuse, quelques clients sont assis et discutent en caressant d’un air absent ou fasciné les chats langoureusement allongés. Certains tentent de les faire jouer, mais il faut dire que les pompons brillants n’ont pas l’air d’être tout à fait à leur goût. L’ambiance est douce, relaxante. Aaah, le pouvoir tranquillisant du chat…

Certains de mes camarades étudiants, amoureux des chats, m’ont conseillé celui-ci, le neko café Hitoyasumi (2F, mais c’est bien indiqué depuis la rue). Pour ¥700 la demie-heure, on peut s’asseoir parmi les chats, jouer avec eux, lire parmi eux, en sirotant une boisson chocolatée/caféinée/fruitée. Le staff est très accueillant et le manager baragouine même anglais!

Quelques semaines plus tard, je me suis rendue dans un usagi café (うさぎカフェ). Comme son nom l’indique, ce dernier met les lapins à l’honneur.

Mwa !

Mwa ! (et les chaussons fluo)

Même principe que pour le bar à chat, sauf que dans ce cas-là, on ne boit pas près des lapins. Après avoir fait vos ablutions rituelles et enfilé des chaussons fluo, vous pouvez pénétrer dans un petit box où vous serez en tête à tête avec le lapin qu’on vous aura assigné. Ils portent des noms touffus: le mien répondait au doux nom de Berrybonbon. Vous pouvez choisir de payer quelques yens pour leur donner des petites croquettes de légumes. Bref, c’est un moment tout mignon, tout doux. Une fois le temps écoulé, on se rend dans la salle où on vous sert le café à proprement parlé. Le décor entier est à l’image des lapins. Le top étant quand même les films de lapin qui sont diffusés en permanence sur grand écran dans un coin, entre une bibliothèque de mangas « lapins » et un magnifique trône pour le roi des rongeurs.

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Je bois un café au lait dans une tasse lapin et j’assume.

Celui où on est allés s’appelle usagi no wonderland (« le pays merveilleux des lapins »). Le café dispose de plusieurs documents spécial gaijins en anglais pour vous expliquer la procédure (-.^).

Si l’expérience vous tente, voici une liste des bars à chats, lapins et chiens  de Nagoya  (en anglais).

Printemps à Kyoto – … Et retour

Cet article fait suite à celui-ci. Il a été écrit y a un petit moment, mais j’espère que vous l’apprécierez tout autant. Mouack (^.-)/ !

*

Retour à Kyoto deux semaines plus tard. Il pleut. On se réfugie dans les galeries couvertes de Teramachi, près de notre auberge de jeunesse. Comme nombre de galeries couvertes au Japon – telles celles d’Osu Kannon, à Nagoya – on y trouve des boutiques de vêtements, des 100 yens shops à gogo et quelques « bazarapharmacie« , pour lesquelles mon amie S. a développé une véritable fascination. Ces boutiques à l’apparence tape à l’œil mettent en avant leur promotion sur de grosses étiquettes fluo. On y trouve du maquillage,  quelques éléments parapharmaceutiques, mais aussi des gâteaux en promotion et des boissons dont le prix défit toute concurrence (j’ai pris l’habitude de préférer ces endroits pour acheter mon café glacé vespéral plutôt que les traditionnels konbinis).

Une parapharmacie, un vrai bazar

Une parapharmacie, un vrai bazar

On enchaîne sur le marché local de Nishiki, dans une rue parallèle. Vieux de plus de 7 siècles, on y trouve des dizaines d’étals traditionnels et de restaurants.

Heureusement, le soleil se dégage (relativement) les jours suivants, et nous pouvons sortir de nos cavernes. Les cerisiers commencent à fleurir. Notamment dans le parc qui entoure le palais impérial qui nous offre de petits bosquets de cerisiers pleureurs qui ploient sous les fleurs roses !

Cette fois, j’ai pu visiter l’intérieur du Palais Impérial. Il faut réserver pour la visite la veille, ce qui rend les choses compliquées pour les voyageurs de l’imprévu (-.^) ! La visite est gratuite. C’était joli, notamment les jardins. Malheureusement, le guide, japonais, qui exceptionnellement remplaçait le guide anglophone, avait du mal à tenir le troupeau indiscipliné de gaijins et ses explications se perdaient dans la masse…

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A la fin de l’après-midi, le soleil revient. On en profite pour descendre le Chemin de la Philosophie, en partant du Ginkaku-ji, le Temple d’Argent. C’est notre premier cerisier en fleurs sous le soleil kyotoïte !

Après avoir bien philosophé et notre balade s’achevant sur le fameux chariot à chat du chemin des philosophes, nous voilà arrivées au fameux Kiyomizu-dera. En période de Hanami, c’est bondé ! Je n’avais pas eu l’occasion de rentrer à l’intérieur, alors, cette fois, j’en ai profité ! On y trouve notamment des dizaines de charmes de toutes sortes (pour réussir les examens, pour se prémunir contre les risques d’un futur voyage en avion, ou en train, pour un accouchement sans heurt…), une magnifique pagode, plusieurs autels. Mais surtout,le Jishu-jinja, déidé à un dieu de l’amour et des « bonnes rencontres ». S’y trouve deux « pierres d’amour » placées à 18 mètres l’une de l’autre. Les visiteurs célibataires (principalement des jeunes filles) essaient de franchir cette distance les yeux fermés. S’ils réussissent, c’est un présage de future rencontre amoureuse. S’il leur a fallu être aidé (la plupart des personnes en train de slalomer les yeux fermés dans la foule était guidées par un.e ami.e), cela signifie qu’un intermédiaire sera nécessaire pour rencontrer l’âme sœur.

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La soirée est couronnée par un spectacle d’arts traditionnels japonais à Gion Corner. Le lendemain, nous profitons du beau temps pour nous rendre dans les temples du Nord-Ouest de Kyoto et visiter le château Nijo, bâti sous les ordres de Tokogawa Ieyasu, et notamment célèbre pour son « plancher rossignol ». Ceux qui ont lu la série du Clan des Otoris savent de quoi je parle ! Il a été conçu pour empêcher d’éventuels intrus indésirables de pénétrer sans se faire repérer, car il couine quand on marche dessus ! On pensait qu’il se trouvait dans une salle particulière du palais. On ne s’est rendus compte qu’à la fin de la visite qu’on l’avait foulé tout du long ! Le jardin était joli, quoique sec au point de se donner des airs africains !

Nous nous offrons ensuite un crépuscule à Fushimi Inari, qui depuis ce moment magique est mon lieu préféré de Kyoto. Le temple en lui-même est d’une beauté simple et vive. En cette fin d’après-midi lumineuse, le rouge orangé des temples contre le ciel tranchait de manière irréelle.

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Après une brève balade sous les torii, la nuit tombe, douce. Ce moment était si parfait, je me sentais si joyeuse, que j’ai sonné quelques grelots afin d’attirer les kamis et leur ait donné quelques prières.

Puis, escapade d’un jour à Nara. Cette fois, les arbres fleuris m’ont émerveillé (mais c’était joli aussi lors de mon premier passage l’automne dernier). Les daims sont toujours aussi polis (je les soupçonne d’user de ce stratagème pour gagner des friandises auprès des visiteurs impressionnées… on ne me la fait plus!).

Je pense qu’avec tout ça, vous avez un aperçu plutôt complet de Kyoto et Nara (automnal et printannier!). Alors, votre endroit préféré ?

Sakura à Higashiyama – La fin du printemps japonais

Voilà, Hanami s’est fini. Les sakuras se sont envolées depuis une bonne dizaine de jour. Il fait doux. L’hiver s’est enfui de façon définitive. On dirait que l’été est déjà là, avec son air moite. Mais pour prolonger la belle période de l’entrée dans le printemps, quelques photos qui datent du week-end juste avant la rentrée.

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L’entrée du château de Nagoya

Mais le plus bel endroit pour admirer les sakuras, c’est aussi dans son quartier. Le parc botanique et zoologique d’Higashiyama offre, paraît-il, de superbes cerisiers. Mais j’ai profité des beaux jours pour aller un peu plus loin et j’ai découvert le parc Heiwa.

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C’est un petit (enfin, assez grand quand même) paradis. J’y retournerai à l’occasion! Le jardin japonais de la résidence était lui aussi tout fleuri.

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Je parle du Hanami depuis plusieurs articles maintenant. Mais je me rends compte qu’à part la contemplation des fleurs (à laquelle je vous force à vous adonner avec mes multiples photos), je ne vous en ai pas dit grand chose ! Les Japonais vont pique-niquer, chanter sous les cerisiers en fleurs, ou tout simplement se balader. De nombreux festivals ont lieu à cette occasion pour célébrer le printemps. Les sakura sont un tel événement que l’Agence Météorologique du Japon publie et met à jour la ligne de front de fleuraison des cerisiers au printemps!

J’avais de ce moment de l’année la vision naïve et poétique distillée dans la plupart des médias classiques et les shôjos manga. Malheureusement, la réalité est un peu différente. Les réunions près des fleurs, en journée ou de nuit, sont également un prétexte à boire – souvent trop. C’est sans doute une des rares occasions où vous verrez de nombreux Japonais éméchés sur la voie publique !

La série d’article sur les arbres en fleurs s’achève. J’espère que ça vous a plu ! Si vous voulez encore prolonger Hanami, une Blonde à Nagoya a aussi pris de très jolies photos des sakuras !

Le rythme de publication ralentit, et vous devez vous en douter, la rentrée et avec elle les cours, mon mémoire et ma recherche de stage (ô employeur, si tu passes par ici…) limitent pas mal mon temps d’exploration et surtout, mon temps de rédaction ! (Mal)heureusement pour vous, j’ai encore énormément de choses à raconter! Au programme très bientôt: retour à Kyoto, un aperçu des bar à chats (et à lapins!), ou encore ma passion pour les karaokés et les purikuras. じゃまたね!